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1785-La cité sous la terre

Jamais personne n’avait progressé aussi vite que l’étranger sur la voie des cercles. Pour les Kreels, il demeurait une énigme. Ils ne pouvaient que l’observer, sans connaître son passé, ses origines, sans savoir qui il était vraiment.

* Le volume 2 est en fait la deuxième partie du volume 1 “Le peuple oublié” (coupé par FNA) *

1780a-Le peuple oublié (S.-F. 46)

Les Kreels l’ont trouvé agonisant sur un champ de bataille et l’ont sauvé. Pour le peuple oublié, une seule question compte : qui est réellement l’étranger qu’ils ont recueilli ? Un simple mercenaire blessé, l’être qui doit accomplir leurs anciennes prophéties, ou bien un fauve à face humaine ? Est-il l’homme-requin des légendes, celui que les sages avaient annoncé à l’aube de leur civilisation ?

* Il s’agit de la réédition de Voy'[el] révisée et enrichie *

1780-L’homme-requin

Tous ceux qui l’avaient connu savaient qu’il n’était qu’un squale dans un corps humain, et même la mort n’avait pas voulu de lui.
Les Kreels pourraient-ils l’accepter parmi eux ?

* Le volume 1 est en fait la première partie du volume 1 “Le peuple oublié” (coupé par FNA) *

1582-Les voix grises du monde gris

La méduse se déploya au centre de la boule de câbles. Les spots soulignaient la concentration qui tordait les quelques centimètres de peau visible autour des yeux. Sur l’autel de la technologie, le pirate priait les divinités électroniques. Le secret d’Animamea était-il logé dans le ventre d’un microprocesseur ? À moins que ce ne fût dans celui d’une ville vertige ?

151 – Cauchemar aux Seychelles

— Guillaume, je t’en prie… Attends.
     L’homme fit mine de ne rien entendre et poursuivit sa route. Dans une vague pénombre, il aperçut devant lui les grilles de l’entrée d’Union Park se découpant sur un fond de lueur du village. Des lueurs sur la gauche attirèrent son regard… Le cimetière ! Le vieux cimetière de la Digue avec ses tombes ancestrales et ses atmosphères indicibles, pour ne pas dire oppressantes. Des luminescences verdâtres — probablement dues aux reflets de mousse sur les pierres — irisaient tout le sanctuaire. Il y avait même des feux follets, mais Mengot n’entendait pas s’attarder dans la contemplation de ce phénomène.
     Quand il vit une silhouette glaçante figée au milieu des stèles et qui regardait dans sa direction sous le repli de son grand chapeau. Vieil homme ou vieille femme ? Il n’en avait cure. La grille se rapprochait. Mengot entendit la fille hurler :
     — Guillaume !
     Alors il sentit une ombre fondre sur lui et des griffes lui lacérer la joue.

150 – L’Athanor général de Zodiann

   — La situation n’est pas désespérée, mais elle est très déplaisante, fit Ronny Blade, sourcils froncés. En dépit de tous nos efforts, nous n’avons toujours aucune explication concernant les raisons des dysfonctionnements qui perturbent le bon fonctionnement de notre vaisseau. Et ce, malgré la batterie de tests faits avec l’aide du « génial » professeur Krasbaueur, glissa William Baker d’une voix amère. C’est incompréhensible.
     — Bah, il y a quand même un motif de se réjouir, tempéra Andy Sherwood. Les problèmes que connaît l’Ecumeur ne sont pas de nature à l’empêcher de naviguer. En effet, l’hypergénérateur n’a été l’objet d’aucune autre panne depuis plusieurs heures. Avec un peu de chance, nous pourrons atteindre la planète Zodiann pour procéder aux réparations nécessaires.
     — Touchons du bois, grogna Baker, d’une voix lugubre. Pour ma part, j’ai un mauvais pressentiment.
     Le pessimisme proverbial du businessman devait se révéler exact. Car non seulement les incidents techniques allaient se poursuivre, mais ils étaient sur le point d’être aggravés par la soudaine attaque de l’Athanor-Général de Zodiann. Un dictateur au petit pied qui, profitant des incidents dont était victime le vaisseau de la B & B, s’était mis en tête de le capturer, à l’aide d’une flotte importante. Et, pour couronner le tout, les nouvelles provenant de l’infirmerie où avait été admis en urgence le jeune Xhyvor étaient de plus en plus pessimistes. Le virus la « Ronciale » qui l’avait plongé dans le coma semblait sur le point de le tuer. Décidément, les vacances de Ronny Blade et de ses amis débutaient on ne peut plus mal.

149 – Les frères rouges de Mortemer

 L’eau se perdait sous les roseaux noirs et denses. Des arbres faméliques s’arrachaient à une onde opaque. Des arbres morts pour une mer guère plus vaillante. Jamais l’abbaye de Mortemer, le lieu de fronce réputé le plus hanté, n’était apparue à l’enseignante sous un jour aussi sinistre. Tous les sons paraissaient étouffés, comme si la brume ouatée asphyxiait les sens. Même le moteur du tracteur et les babillages des enfants paraissaient étrangement lointains et irréels. Pas un bruit d’oiseaux. Pas un son. Les moines avaient bien choisi leur coin pour être tranquilles. Un hurlement terrifiant l’arracha soudain à ses pensées. La prof sursauta et bondit à terre. A une vingtaine de mètres, trois garçons et une fillette fixaient un bras d’eau. Là, entre les roseaux vairs, flottait le cadavre blanchâtre d’une femme nue, mutilée. Les moines rouges, murmura le guide. Taisez-vous, lui ordonna la maîtresse.

147 – Ecce Homo

  — Jabatom est mort ! Notre Tsidak a été assassiné ! Le pilier de rectitude n’est plus. La plainte gonflait comme un vent sec rasant le sable de l’erg. Elle montait, comme propulsée par les vents ascendants s’engouffrant dans les failles des falaises. Elle se répercutait contre les collines déchiquetées pour repartir raser la plaine desséchée et se perdre au-dessus de l’immense étendue d’eau morte plantée au milieu des montagnes. Lointaine d’abord, comme un appel de l’inconscient, elle grandissait de minutes en minutes, comme un mirage que l’on se refuserait de croire vrai. La terrifiante rumeur enflait proportionnellement à la chute des ombres inquiétantes sur la petite communauté de Dahmas, plantée au sommet de son plateau et surplombant l’immense plaine et son lac éteint se perdant à perte de vue. La confrontation approchait. Il le sentait. La mort de Jabatom apparaissait comme une provocation, comme une déclaration de guerre. Mais les Nasriods n’étaient pas prêts à la guerre. Ils savaient tous.

144 – Les maitres sculpteurs de kundest

Par les maître du Franc lourd !
     Xavier Petit Ferrone, financier, homme de confiance chargé par Blade et Baker de surveiller les intérêts de la B & B Co, faillit tomber de sa chaise, foudroyé par la nouvelle qui venait de s’inscrire sur l’écran de son unité centrale : « On apprend, de source sûre, qu’un coup d’état vient d’avoir lieu sur Kündest. Les maîtres de la jante ont fait savoir qu’ils gelaient les avoirs des sociétés implantées sur leur territoire et, plus grave, qu’ils fermaient les puits d’extraction des mines de diamants-alpha, dont chacun sait que la quasi-totalité provient des gisements de cette neuvième planète du système Thêta. Il semblerait… »
     Mais Petit-Ferrone n’écoutait plus. La tête dans les mains, il mesurait déjà les implications d’une telle catastrophe : au-delà de la ruine de la B & B Co. Dont les investissements sur place étaient considérables, c’est toute l’économie de l’Hyperconfédération qui allait s’effondrer : Le diamant-alpha était l’un des composant nécessaire à la propulsion supraluminique des énormes astrocargos assurant l’intégralité des échanges intergalactique…

143 – Le jeu de la mort

— Un jeu… Pour moi ce n’était rien d’autre. Un jeu qui avait mal tourné, certes, puisque, lors d’un exercice précédent, il y avait déjà eu mort d’hommes mais, à la vérité, quand je me suis lancé dans cette enquête sur le paintball — ce nouveau « sport » qui nous vient d’outre-Atlantique et où deux équipes doivent s’affronter, armées de fusils qui tirent des billes de peinture pour éliminer l’adversaire — , rien ne laissait présager autre chose qu’un simple fait divers. Or, très vite, après notre intervention, nous nous sommes trouvés face à une agression dont je ne crains pas de dire qu’elle est d’une ampleur considérable et très probablement d’origine… extraterrestre !
     La conclusion de Gilles Novak fit l’effet d’un coup de tonnerre dans la salle du Conseil suprême où se tenait cette cellule de crise. Si le chef du commando Alpha disait vrai, c’est toute la Confédération galactique qui était menacée d’anéantissement et, derrière elle, l’Ordre cosmique des Chevaliers de Lumière…

141 – Le sacrifice du Grand Cerf

 — Y a quelqu’un… J’en suis sûre.
     Marjorie avait presque crié. Eric s’écarta de la jeune fille qui s’était blottie dans ses bras et scruta la forêt. Le clair de lune dispensait sur les lieux une lumière spectrale, animant les fourrés d’ombres étranges. Lui aussi, il avait entendu un bruit, un frôlement tout proche et, malgré l’assurance de ses dix-huit ans, il se prit à regretter cette escapade nocturne où il avait entraîné Marjorie, sous prétexte d’aller écouter le brame des cerfs…
     Soudain, une forme fantômatique traversa leur champ de vision. Une forme qui semblait flotter au-dessus du sol et dont la tête était couronnée de grand bois de cerfs. Au même instant, les premières notes d’une mélodie s’élevèrent, sinistres, glaçantes.
     — Allons-nous-en, je t’en prie ! s’étrangla Marjorie.
     — Arrête, c’est ridicule, voyons ! tenta de la raisonner Eric.
     Mais Marjorie lui échappa et s’enfuit à toutes jambes. La brume l’engloutit aussitôt et le bruit feutré de sa course s’éteignit rapidement, avalé par la triste litanie dont les ondes s’effilochaient dans le sous-bois comme autant de lambeaux sonores.
     Eric ne devait jamais la revoir vivante.

139 – Les héros de la toison d’or

— Ainsi donc noble étranger, tu es un Chevalier de Lumière du peuple d’« en-haut »… murmura la souveraine. Sache l’ami que je me nomme Mélishand, la reine serpent, celle que, dans ta dimension terrienne, on doit encore appeler la fée Mélusine ! Une malédiction nous a rejetés ici, dans cet univers que nous partageons avec les Burgondes. Ils sont le peuple du Cerf comme nous sommes celui du Serpent. Longtemps nous avons vécu dans une sorte de neutralité intelligente : nous possédions l’Œuf du Serpent ; ils détiennent la Toison d’Or, deux objets de pouvoir de sagesse, mais qui sont aussi deux armes redoutables… ajouta-t-elle en soupirant. Mais cet équilibre s’est brutalement rompu lorsque les Bendans ont débarqué chez nous. Ils avaient la peau écailleuse du serpent, ils chevauchaient des reptiles, ils maîtrisaient de redoutables dragons et nous les avons accueillis comme les frères qu’ils prétendaient être. Pourtant, peu à peu, ils nous ont soumis à leur pouvoir et n’ont eu de cesse que de nous amener à déclarer la guerre au peuple-cerf car ils veulent s’approprier la Toison d’Or. Alors… Un bruit de galopade retentit derrière la porte qui s’ouvrit. — Fuyez, ma reine ! haleta un garde. Les Bendans, ils attaquent !

137 – Les légions du père noël

— Il faut passer en force ! cria Gilles Novak en plongeant dans la masse compacte des gardes qui barrait le passage.
Il allait crier victoire en se redressant derrière les lignes ennemies quand quatre hommes surgirent en combinaison ignifugée. Le journaliste identifia immédiatement les engins de mort qu’ils braquaient devant eux : des lances-flammes.
Avant qu’il ait pu réagir, les bouches noires crachèrent leurs langues de feu. A travers les lunettes à infrarouge de son casque, Gilles eut le temps de voir les silhouettes de ses Chevaliers de Lumière qui commençaient à se tordre malgré leur champ protecteur censé les isoler, puis tout s’effaça autour de lui. Trente secondes plus tard, rematérialisé dans la soute de l’aviso du commando Alpha, il entendit la voix nouée de Shorung-N’Taal :
— Les autres se sont fait piéger, articulait-il. Je n’ai pas eu le temps de les translater à bord.
Les autres ? Le coeur de Gilles fit un bond clans sa poitrine. Se pouvait-il que trois de ses vieux compagnons et Régine, la femme qui partageait sa vie depuis tant d’années, aient trouvé la mort au cours de cette simple mission d’observation au pays du Père Noël ?

135 – Novak contre Novak

D’après nos investigations, trois internautes se sont volatilisés en jouant sur la version internet du jeu des Chevaliers de Lumière. Oui, volatilisés, répéta le commissaire Lebret devant les yeux effarés de son vieil ami, le journaliste Gilles Novak. Pire : pendant une partie 
— Mais quel lien avec le jeu ? s’écria le journaliste abasourdi.
— Je pense que tu devrais te connecter sur le site. Tu vas comprendre tout de suite ce qui se passe.
Dix minutes plus tard, Gilles Novak horrifié déchiffrait le parchemin énonçant la mission de la partie interactive du jour : « Vous êtes tombé amoureux d’une jeune sataniste. Pour la séduire, vous devez à sa demande blesser, torturer et tuer un maximum d’ennemis… » Les paramètres de gain qui suivaient étaient à l’avenant : « meurtre : 10 points ; scalp : 3 points… »
     Cette fois, nul doute n’était plus possible, à travers cette vision parodique des Chevaliers de Lumière que proposait le jeu, c’était bien l’Ordre lui-même qui était visé.

1342-Ordiinator-phantastikos

 La Maladie, avec un M majuscule tant elle cause de dégâts parmi la population de la Cité-Mère. Diagno : *« ATROPATHIE. TABES consécutif à une MENINGITE CHRONIQUE SYPHILITIQUE, avec atteinte des racines postérieures et dégénérescence secondaire des cordons postérieurs de la MOELLE EPlNlERE… »*
     Réponse de BABAR TZO 88952 : *« Impossible mon pote ! La SYPHlLO a disparu de notre planète depuis l’an 2000 ! »*
     Pour ABEL 6666 — 4 bis AG, le casse-tête commençait.

133 – Le Vol AF 5679 ne répond plus

Le gros Airbus A 320 reliant Lyon-Satolas à Strasbourg-Entzheim était bondé. À quatre jours de Noël, nombreux, parmi les passagers, étaient ceux qui allaient passer les fêtes en famille et la carlingue résonnait de piaillements et de cris d’enfants surexcités.
— Regarde, maman, on dirait des chevaliers dans le ciel !
Amusé par la réflexion du gamin assis contre le hublot Gérard David sourit et regarda sa montre. Il était 19 h 25. La fin du voyage approchait. Homme d’affaires, lui, il n’était pas fâché de quitter bientôt cette ambiance de cour de récréation. A trois mille pieds au-dessus du ballon d’Alsace, l’appareil devait survoler le mont Sainte-Odile à présent. Machinalement, il jeta un coup d’œil par-dessus les cheveux de l’enfant et sursauta : une troupe de cavaliers, créatures fantomatiques et presque diaphanes, galopaient dans les airs à quelques mètres du fuselage. À leur tête caracolait une silhouette spectrale auréolée d’une luminescence blanchâtre : un chapeau à larges bords lui couvrait le chef et, sur ses épaules, un long manteau flottait dans l’azur de la nuit…
19 h 28, le vol AF54679 disparut de tous les écrans de contrôle.