Le Numéro 7

Un thriller haletant, où Martin Winckler règle une fois de plus ses comptes avec l’industrie pharmaceutique aux couleurs du Prisonnier, série télévisée culte.
Été 2006. Pilote d’hélicoptère et mercenaire en Afrique, Eddie Dante convoie une cargaison précieuse dont il ignore la nature. Lorsque son hélicoptère s’écrase, il n’est que blessé, mais les secours envoyés pour récupérer la cargaison l’abandonnent au milieu de nulle part. Recueilli dans une mine où agonisent des centaines de personnes, il découvre que ses propres employeurs ne sont pas étrangers à l’existence de ce mouroir. Il tente de retourner en Europe pour révéler à la presse ce qu’il a vu. Mais les organisateurs de ce massacre médical lancent des tueurs à sa poursuite…
Septembre 2007. La multinationale WOPharma organise un grand congrès de ” prospective thérapeutique ” auquel sont conviés une centaine d’éminents scientifiques du monde entier. WOPharma a l’intention, à l’occasion d’une conférence de presse de grande ampleur, d’annoncer un progrès thérapeutique majeur qui, dit-elle, ” libérera des millions de patients des chaînes de la maladie “… Pour accueillir ce congrès hors norme, les communicants de WOPharma ont choisi un lieu inhabituel, mais extrêmement télégénique… Le village-hôtel de Portmeirion, au pays de Galles, qui servit de décor à la série télévisée *Le Prisonnier*. Et, justement, toutes les caméras du monde seront braquées sur le village car, à l’automne 2007, les fans du monde entier y fêtent le 40e anniversaire de la diffusion de la série…
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### Extrait
Eddie Dante, 1
Darfour Ouest, printemps 2006.
Bordel de merde ! murmure Eddie Dante. Pour la troisième fois, l’hélicoptère décroche, effectue un virage et se replace au-dessus du lit de la rivière à sec pour la suivre dans la direction opposée. Avec des jumelles de vision nocturne, même une nuit sans lune comme celle-ci, le véhicule des rebelles de l’ALS devrait lui sauter aux yeux. Il a vérifié par trois fois sa position, mais il a beau écarquiller les yeux, il ne les voit pas. Où sont donc ces foutus négros ?
* Vous connaissez Erigi ? lui avait demandé trois semaines plus tôt un gros homme au fort accent britannique assis dans le lobby du Méridien Hôtel de Khartoum. Eddie Dante avait ricané en le voyant s’éponger le front Tout à fait Sydney Greenstreet dans Casablanca.
Eddie était de très mauvais poil. L’homme l’avait appelé sur son portable au pire des moments -J’aime ton cul, Lena, et tes hanches ont juste la bonne taille pour mes mains, viens ici, oui c’est ça, penche-toi un peu, et ouvre-le ce beau cul que j’le déf… Bordel de merde ! ! ! Dès la deuxième sonnerie il s’était senti débander. Il filtrait soigneusement les correspondants, mais cette sonnerie-là lui signalait un appel de ses principaux employeurs ou d’un de leurs clients. Il fallait qu’il réponde. Lena ne l’avait pas mal pris. Voyant qu’Eddie était contrarié par le coup de fil, elle avait entrepris de le sucer vigoureusement pour le consoler, mais le manche du pilote n’avait pas répondu.
* Ça ne va pas ? Tu as du souci ? avait demandé la jeune Russe.
* Fous-moi la paix, avait répondu Eddie Dante.
* Erigi ? crache-t-il sur le même ton en réponse au gros homme. Je connais. C’est près d’Al-Jeneina, au Darfour Ouest, pas loin de la frontière avec le Tchad. Je suis déjà parti en mission là-bas. Un coin pourri.
«Greenstreet», qui l’avait contacté en se recommandant d’une «relation commune», avait fait signe à Eddie de s’asseoir dans l’un des profonds fauteuils. Une jeune femme noire en costume de soubrette avait déposé devant l’ancien militaire un verre d’eau dans lequel trois glaçons fondaient à vue d’oeil.
* La climatisation est en panne», soupirait l’homme en blanc en s’épongeant le cou. «J’aurais une livraison à faire à Erigi…
* C’est une zone à risque, avait répondu Eddie. Les milices stationnées au Tchad traversent la frontière sans prévenir et violent et massacrent tout ce qui bouge.. À qui dois je faire la livraison ?
* A des personnes capables de se défendre…
* Je n’en doute pas. Qu’est-ce qu’elle pèse ?
* Quinze mille dollars. Moitié à l’aller, moitié au retour. A condition que vous ne posiez pas de questions.
-Je ne veux pas savoir ce que c’est, seulement son poids, pour calculer la quantité de kérosène que j’emporte dans mon réservoir.
La main libre du gros homme avait plongé par-dessus le bras du fauteuil et fait apparaître une mallette métallique. Il l’avait soupesée d’un air faussement pensif.
* Disons… cent trente kilos, avec le livreur. Mais vous nous prendrez en charge à Al-Jeneina. Ça limitera vos besoins en carburant.
Eddie Dante avait levé un sourcil et écrasé sa cigarette.
* Mmmh. J’apprécie l’effort, mais vous êtes sûr que vous voulez faire le voyage ? Comme je vous l’ai dit, la région est insalubre… et puis j’ai une Gazelle qui n’est pas taillée pour les individus hors gabarit. Moi, déjà, avec mon mètre quatre-vingt-deux, je suis à l’étroit. Et si jamais on se faisait prendre en chasse par un MI-24…
* Ce n’est pas négociable, je dois faire le voyage. Mais je peux m’adresser à quelqu’un d’autre…
Eddie n’avait pas réfléchi plus de deux secondes. Il avait besoin d’argent et, par les temps qui couraient, il aurait été insensé de cracher sur pareille somme.
* Si vous voulez passer inaperçu, il faudra effectuer votre livraison de nuit. Je vous ramène, ou je vous laisse là-bas avec votre valise ?
* Vous me ramenez avec une autre valise, à peine plus lourde.
* Alors ce sera vingt mille, et vous paierez le kéro.
### Présentation de l’éditeur
Un thriller haletant, où Martin Winckler règle une fois de plus ses comptes avec l’industrie pharmaceutique aux couleurs du Prisonnier, série télévisée culte.
Été 2006. Pilote d’hélicoptère et mercenaire en Afrique, Eddie Dante convoie une cargaison précieuse dont il ignore la nature. Lorsque son hélicoptère s’écrase, il n’est que blessé, mais les secours envoyés pour récupérer la cargaison l’abandonnent au milieu de nulle part. Recueilli dans une mine où agonisent des centaines de personnes, il découvre que ses propres employeurs ne sont pas étrangers à l’existence de ce mouroir. Il tente de retourner en Europe pour révéler à la presse ce qu’il a vu. Mais les organisateurs de ce massacre médical lancent des tueurs à sa poursuite…
Septembre 2007. La multinationale WOPharma organise un grand congrès de ” prospective thérapeutique ” auquel sont conviés une centaine d’éminents scientifiques du monde entier. WOPharma a l’intention, à l’occasion d’une conférence de presse de grande ampleur, d’annoncer un progrès thérapeutique majeur qui, dit-elle, ” libérera des millions de patients des chaînes de la maladie “… Pour accueillir ce congrès hors norme, les communicants de WOPharma ont choisi un lieu inhabituel, mais extrêmement télégénique… Le village-hôtel de Portmeirion, au pays de Galles, qui servit de décor à la série télévisée *Le Prisonnier*. Et, justement, toutes les caméras du monde seront braquées sur le village car, à l’automne 2007, les fans du monde entier y fêtent le 40e anniversaire de la diffusion de la série…

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